Zig Zag entre élèves et étudiants. Par Julie Arnoux.

Cinq étudiantes en licence graphisme et conception éditoriale du lycée Charles-de-Gaulle ont participé à un Pag porté par Canopé et mené par Antony Huchette. Marine, Nina, Caroline et les deux Manon ont eu pour mission de collecter les visuels issus d’ateliers réalisés en classe et de les mettre en lumière. C’est ainsi que Zig Zag, une revue de 64 pages a vu le jour.

Portraits dessinés, BD autobiographiques, détournements de Une, actu décalée ou bien encore histoires d’amour sans aucun visage ou cœur… Autant d’ateliers qui ont permis aux 2ndes de Philippe-Lebon, à Joinville, aux 1res du lycée Saint-Exupéry ainsi qu’aux 4e et au club presse d’Anne-Franck, à Saint-Dizier de raconter le monde qui les entoure au travers le dessin. Ils ont eu droit à cinq interventions de 2 h. «Dessiner, n’est pas impossible. Il faut le travailler comme un langage, raconter une histoire. Vous savez tous dessiner, il fallait juste ajuster et vous apprendre quelques petites choses qui étaient plus de l’ordre du sens que du bien dessiner», explique leur coach, Antony Huchette, auteur et illustrateur. Zig Zag est le reflet de ce que vivent et ressentent ces jeunes. C’était la volonté d’Antony d’évoquer un peu plus leur vie et un peu moins l’actualité, pour qu’ils apprennent à mieux se connaître et à se faire confiance. «Antony nous a demandé d’observer et de dessiner ce qu’il y avait devant nous, sans lever le crayon. Il nous a appris que tout le monde pouvait dessiner, qu’il suffisait de regarder !», expliquent Manon et Yasmine, du club presse. Que faire de tous les dessins ? C’est là que sont entrées en jeu les étudiantes. Ce sont elles qui ont rassemblé les visuels dans un ouvrage.

Projet collectif

«Nous devions valoriser les dessins des élèves. C’était pour nous un vrai travail d’édition et ça nous permettait de bosser avec un illustrateur.» Un travail d’autant plus intéressant pour les deux Manon qui souhaitent travailler dans l’édition. «On a un pied dedans maintenant !» Au début, elles ont commencé un peu à l’aveugle. Sans les dessins, pas facile d’imaginer le produit fini. Elles ont pourtant fourni quelques idées. «On a travaillé à tâtons la première semaine. On ne savait pas trop où on allait. On avait le nom Zig Zag et c’est tout. On a cherché un logo et envoyé nos idées pour qu’Anthony fasse un choix. Puis, on a eu le contenu au fur et à mesure. On a été très libres et on a travaillé ensemble, vraiment dans l’esprit de Zig Zag. Sans ego. Pour un projet de ce type, c’était très important». Petit à petit, le recueil de témoignages illustrés a pris forme.

Restitution

Mardi 20 mars, c’est au Signe, lors de la journée de restitution que les jeunes ont découvert l’ouvrage. Autant dire qu’ils étaient pressés de le feuilleter pour voir si leurs dessins avaient été choisis. Et quelle satisfaction… «Pffff, on n’y est même pas. C’est la honte ! Ah si, nous voilà !!!» Une petite danse de la joie accompagnait parfois la découverte d’un dessin familier. Certains reconnaissaient le portrait d’un camarade et riaient de plus belle. Il y avait des dessins drôles, touchants et parfois assez durs. Les étudiantes ont beaucoup ri mais elles ont aussi été très touchées. Sans qu’ils s’en rendent compte, le dessin a aidé certains adolescents, en brisant quelques tabous ou en chassant quelques démons…