Workshop typographie.   Par Julie Arnoux

Créer sa propre typo. A quoi ça sert ? Qui fait cela ? Pour qui ? C’est autant de questions auxquelles Laurent Bourcellier a dû apporter une réponse. Le typographe basé en Alsace a mené un workshop au lycée Charles-de-Gaulle. Les étudiantes en licence conception éditoriale ont tout d’abord abordé le métier de créateur de caractère. « Fin 2017, je suis venu une première fois au lycée pour évoquer l’histoire de la typographie jusqu’à la création contemporaine. Cela fait bien 6 ans que Fabien Collinet (le responsable de la licence) m’invite. Les étudiants ont souvent un peu d’appréhension, comme s’il s’agissait d’un domaine qui n’est pas à leur portée mais je leur explique que plutôt de perdre 2 h à chercher celle qui leur correspond sur des sites, ils peuvent dessiner eux-mêmes les caractères. Ils auraient le résultat qu’ils cherchent». A voir le résultat des étudiantes, Laurent ne ment pas… Oui, c’est vraiment possible !

Les étudiantes ont travaillé sur le thème du relief. Elles étaient assez libres. Seule contrainte : les matériaux. Elles devaient utiliser du papier, du carton brun ondulé ou du carton simple. «L’idée est d’expérimenter, de tester, de se tromper, de réessayer et d’être surpris par le résultat. C’est tout l’intérêt d’un workshop. Ce n’est pas lorsqu’on est pro qu’on a le temps de le faire», indique Laurent. Alors elles ont superposé, plié, retiré de la matière, passé sous presse, embossé ou débossé, découpé… Chacune avait son style. Elles ont aussi découvert des logiciels spécifiques. Une édition reliée permettra de retrouver les typos imaginées à Charles-de-Gaulle. En parallèle, une exposition au Signe est également envisagée. Les étudiantes ont donc aussi planché sur une scénographie adaptée dans les vitrines du centre national du graphisme. «C’est un travail qu’elles pourront valoriser lors des recherches de stages. Les studios et associations n’ont pas toujours les moyens de faire appel à un typographe».

Ethel a choisi la simplicité. Le résultat est propre et précis. «Mon concept est assez simple. J’ai utilisé la technique du débossage/embossage avec des points à la fin et au début de toutes mes lettres capitales que j’ai créées sous la forme de bandes de papier pliées. La lettre est débossée et le point embossé. Ce qui crée le relief. C’était assez rapide», explique la jeune fille qui avait fini avant la fin du workshop.

Ce n’était pas le cas de Marine. L’étudiante a choisi une option plus… complexe. «J’ai décidé de travailler des formes simples pour que tout le monde puisse fabriquer ses propres lettres». Grâce à la découpe laser, elle a prédécoupé des ronds, des demi-ronds, des triangles et des vagues en carton ondulé. «J’ai aussi conçu une grille pour placer les formes dessus et ainsi former des lettres, un peu comme un jeu». Effectivement, c’est ludique. Je connais une petite fille qui va bientôt fêter ses quatre ans qui adorerait s’emparer de ce jeu et concevoir avec ses petites formes les lettres de son prénom (le seul mot qu’elle sait écrire). En ajoutant des pointillés sur la grille (qui lui a fait s’arracher quelques cheveux) il est tout à fait possible de l’adapter aux tout-petits. Comme quoi, créer une typo est à la portée de tous… ou presque !

 

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